La stabilité et la prospérité de Hong Kong créeront plus d'opportunités au monde
CHEN Zhihong, Consul général de Chine à Saint-Denis
2019/08/28

Récemment, la situation de la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK) a occupé le devant de la scène et suscité un grand retentissement dans les médias hexagonaux et réunionnais. Je souhaite, à travers cette tribune, apporter les éléments d'information qui permettront à chacun de mieux comprendre la situation actuelle à Hong Kong.

Au début de l'année 2018, un jeune hongkongais a tué son amie, alors enceinte, lors d'un voyage à Taïwan, puis est revenu se cacher à Hong Kong. Bien que le suspect et la victime soient tous les deux résidents hongkongais, la justice de Hong Kong n'avait pas autorité pour statuer sur le meurtre en raison de l'absence d'un accord d'extradition avec Taïwan. Les lacunes du cadre juridique de Hong Kong ont été mises en lumière lors de cette affaire qui a été largement médiatisée.

Pour cette raison, le gouvernement de la RASHK a proposé en février dernier des amendements aux ordonnances sur les délinquants fugitifs et sur l'entraide judiciaire en matière pénale, dans le but de combler les lacunes juridiques existantes et de démontrer l'équité et la justice de l'état de droit. En réalité, Hong Kong a déjà signé un traité d'extradition avec 19 pays et régions, dont les États-Unis, le Royaume Uni, l'Allemagne, l'Inde et l'Afrique du Sud. De même, des accords sur l'entraide judiciaire en matière pénale existent et concernent 30 pays et régions. En revanche, aucun accord n'existe entre la Chine continentale, Hong Kong et Taïwan. Le projet d'amendement qui aide Hong Kong à lutter contre la criminalité pourrait être un arrangement institutionnel bien raisonnable et légitime. Tout au long de ce processus, le gouvernement central chinois s'est gardé d'intervenir afin de respecter pleinement les opinions du gouvernement de la RASHK et son Conseil législatif.

Basé sur l'état de droit, Hong Kong dispose d'une procédure législative qui lui est propre, est mature et bien établie. Les Hongkongais peuvent avoir des avis divergents sur les amendements aux ordonnances et ils peuvent les exprimer de façon légale et adéquate. Toutefois, ces amendements aux ordonnances ont été mal interprétés par l'opposition au gouvernement et par certaines forces extérieures qui prétendent que ces textes visent à extrader les Hongkongais vers la Chine continentale, et que le gouvernement central a l'intention d'intervenir dans les affaires judiciaires de Hong Kong, et alors éroder son autonomie. Les habitants de Hong Kong ont ainsi été incités à manifester au nom de la liberté et de l'indépendance judiciaire. Même si ces interprétations étaient erronées, le gouvernement de la RASHK a décidé en juin dernier de suspendre le processus du projet d'amendement, vu ces grandes divergences. Il a privilégié la discussion, en cherchant la voie de la compréhension et le dialogue avec le peuple.

Néanmoins, certaines forces radicales d'opposition ont continué leur travail de sape, ne cessant de jeter de l'huile sur le feu, encourageant les citoyens à descendre dans la rue et à semer le désordre. Les comportements des manifestants et leur violence graduelle ont fini par dépasser les limites d'une revendication raisonnable : le 1er juillet, des manifestants radicaux ont fait irruption dans le bâtiment du Conseil législatif ; le 14 juillet, les doigts d'un policier ont été brisés sous les coups d'un manifestant illégal ; le 21 juillet, des extrémistes ont mené des attaques contre le Bureau de liaison du gouvernement populaire central à Hong Kong et ont fait injure à l'emblème national apposé devant le bâtiment en y lançant des œufs et des balles de peinture noires ; les 3 et 5 août, le drapeau national chinois a été jeté à deux reprises dans la mer ; le 6 août, la circulation de Hong Kong a été complètement bloquée ; le 11 août, les manifestants ont lancé des bombes à essence et blessé au moins un policier ; le 13 août, un journaliste venu de Chine continentale a été pris à partie et frappé par des manifestants à l'aéroport international de Hong Kong.

Il est aujourd'hui évident que les manifestants radicaux forment une frange bien organisée et leurs actions sont planifiées bien à l'avance pour attaquer les policiers ayant la mission du maintien de l'ordre. Ils deviennent de plus en plus violents à l'appui de moyens nouveaux et toujours plus dangereux : fusils à air comprimé fait maison, bouteilles incendiaires et même des lance-grenades sont utilisées, ceci révélant des signes s'apparentant à du terrorisme.

Il est connu que dans les Etats de droit d'aujourd'hui, la police représente l'ordre social. Sous prétexte de soi-disant manifester « contre l'amendement de l'ordonnance d'extradition », et « pour la démocratie et la liberté », les émeutiers de Hong Kong veulent en réalité détruire le principe « un pays, deux systèmes » et l'ordre social de Hong Kong pour enfin atteindre leur objectif inavouable. Certains médias se disent neutre, mais font toutefois montre d'une cécité sélective lorsqu'ils parlent de « manifestations pacifiques pour la démocratie et la liberté », en négligeant simultanément la violence qui s'exerce contre la police, et ils jugent aveuglément ces mêmes policiers qui honorent leurs obligations pour maintenir l'ordre public contre des éléments violents. Quel double langage !

Le gouvernement central de Chine reste fermement fidèle au grand principe « un pays, deux systèmes ». Et ce qu'il faut souligner, c'est que le principe « un pays, deux systèmes » repose d'abord sur « un pays ». « Un pays » est à la racine de « deux systèmes » et il sait les valoriser. Le territoire hongkongais est exemplaire dans son évolution depuis son retour à la mère patrie en 1997. En 2018, le PIB de Hong Kong a atteint 360 milliards de USD, soit le double de 1996. Le nombre de visiteurs à Hong Kong est passé de 10,4 millions en 1997 à 65 millions en 2018. Classé parmi les économies les plus libres pendant 25 années consécutives, Hong Kong est aussi estimé parmi les zones les plus compétitives pour son système judiciaire efficace, son climat social apaisé et son environnement commercial ouvert. En tant que centre financier, commercial et maritime international tout près de ce grand marché que représente la partie continentale de Chine, Hong Kong attire énormément d'investissements étrangers incluant les fonds français et européens.

Selon le Rapport sur l'investissement dans le monde 2018 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement,Hong Kong a attiré 104 milliards de dollars d'investissements étrangers directs (IED) en 2017, occupant la 3ème place mondiale sur le podium des pays destinataires de ces IED. Rapporté au stock d'IDE dans le monde, Hong Kong apparaît sur la deuxième marche en tant qu'investisseur et récepteur des IDE, après les Etats-Unis.

Ce succès de Hong Kong depuis 22 ans ne peut être réalisé sans une pratique et une application réussies d' « un pays, deux systèmes » et de la Loi fondamentale. Le gouvernement central de Chine n'a jamais « menacé » la liberté publique de Hong Kong, au contraire, il s'en tient toujours à la Gestion de Hong Kong par les Hongkongais et son autonomie à haut degré.

Malgré la violence grandissante des comportements des manifestants, malgré les perturbations graves de la vie quotidienne des habitants de Hong Kong, le gouvernement central de Chine continue de soutenir fermement les autorités de la Région administrative spéciale de Hong Kong et la police hongkongaise dans la gouvernance du droit, et leur fait toujours entièrement confiance. Le gouvernement central de Chine dispose de moyens suffisants pour apaiser rapidement toutes les violences survenues, il a montré sa bonne volonté et espère que l'ordre sera rétabli de manière paisible.

L'état de droit est la pierre angulaire pour maintenir au long terme la prospérité et la stabilité de Hong Kong qui sont aussi dans l'intérêt global de la communauté internationale. Les manifestations violentes de Hong Kong foulent aux pieds l'état de droit, et menacent la prospérité et la stabilité de Hong Kong. A l'heure actuelle, la grande majorité de la population à Hong Kong réclame d'endiguer les émeutes et de rétablir l'ordre dans les plus brefs délais, la violence ne peut continuer à être donnée en exemple.

Enfin, je souligne que les affaires de Hong Kong relèvent totalement des affaires intérieures de la Chine et que le gouvernement chinois s'opposera fermement à toute ingérence extérieure sous quelque prétexte que ce soit.

Nous sommes convaincus que l'ordre public de Hong Kong sera rétabli au plus vite, et que le principe « un pays, deux systèmes » sera le guide d'encore plus grands succès pour le territoire. La mondialisation lie étroitement Hong Kong, la Chine continentale et le reste du monde. Gageons que la prospérité et la stabilité de Hong Kong apporteront plus d'opportunités et de bonheur aux peuples du monde entier.

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